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19/04/2015

Un bon emplacement

On m'a offert un livre de Marc Molk, intitulé "Plein la vue" préfacé par Léonard de Vinci (sic,  catégorie "humour") avec un avertissement gourmand: attention subversion, commentaires piquants et discours inattendu voire dérangeant sur la peinture !!

Voyons voir, j'aime être dérangée.

Who?

Diplômé mais pas trop, ce monsieur fait savoir rapidement qu'il navigue dans les hautes sphères comme le Collège de France s'il vous plaît: il a co-dirigé un colloque intitulé "La fabrique de la peinture" (un enjeu passionnant je dois le dire surtout si les artistes viennent parler de leur travail) où va s'exprimer aussi un invité prestigieux: Jeff Koons! Nom d'un petit pinceau, Jeff peint?? Je croyais qu'il se contentait de diriger l'usine et d'acheter des toiles de maître.

(Malheureusement la vidéo de JK n'est pas en ligne; on peut se rattraper sans dommage avec celle de l'intervention de Cheri Samba, qui a le mérite d'être assez goûteuse ou celle de Thomas Levy Lasne, tout aussi intéressante; je n'ai pas visionné les autres!)

Déjà, ça place: dés que vous tapez Marc Molk sur Gogol vous avez Collège de France 3 lignes plus loin maxi; en effet il ne suffit pas de peindre quelques grands formats mi acrylique mi huile ce que font des milliers de gens, d'écrire quelque bouquin confidentiel sur un ton mi badin mi coquin, de se la jouer mi connaisseur mi provocateur, et d'auto-alimenter Wikipedia (ce que font...) pour devenir illustre. Colloquer avec Jeff c'est autre chose, et au Collège (comme disent les intimes) de surcroît:  tout de suite on passe à la dimension supérieure. Et pis on est invité partout, après et avant.

J'ai tenté d'écouter l'intervention, où la fabrique de la peinture de MM se fait, entre jus et matières (il "couve le jus") dont on ne sait plus bien si ces liquidités et solidités sont émotionnelles ou concrètes (pire, il vient à l'esprit des métaphores douteuses), mais pas tenu plus de 3 minutes malgré mes efforts; essayez voir, vous me direz ce que vous pensez de:

"The video of my presentation at the Collège de France, intilted « The sentimental reason », pronounced during the symposium « The Making of Painting », is online."

 

Pour une raison obscure, la moitié de son site est en anglais: celle qui présente le "painter" colloquant or not colloquant, et quand colloquant, évoquant le painter solitaire, l'artiste monologuant dans son atelier, dialoguant avec himself, face aux abymes du doute comme aux écoulements improbables picturalement mais itératifs et provoqués mécaniquement(...), présent aussi à son entourage, au monde, à l'humanité entière par delà les siècles des siècles amen.

  Il y a  sleeping drug (traduction:somnifère) et sleeping drug: ce discours dans un  colloque prestigieux n'arrive pas à nous réveiller malgré l'attrait propre à la vie secrète des ateliers; il est lu pesamment du haut de la chaire  mais il est lu devant le public respectable des milieux savants et autorisés, et se place au sein d'une lignée comprenant l'artiste le plus cher du monde.

Dans la vie ce qui compte c'est un bon emplacement.

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What?

 M.MOLK est "painter"(peintre) en anglais (solidarité Koonsienne?)  et écrivain (writter) en français , on sait pas pourquoi mais bon.

 Dans son livre il cause peinture, et c'est ébouriffant comme dirait mon ami Thian, qui est charcutier rêveur avec un diplôme de rêveur mais pas de charcutier.

  MM égrène des commentaires subversifs et inédits, sur Picasso, Bouguereau, Malévitch... et quelques inconnus et et et un dénommé MARC MOLK! Oui, il s'autocommente, se fend de  sa petite critique picturale de moi même, rappelant  le coucou qui fait son nid dans celui des autres et mine de rien, nous fait passer naturellement de Marc Molk à Zurbaran sans problème. Ben déjà ça augure mal du reste.

 

Le reste, ce sera vite fait; un livre prétentieux et vain, certes avec quelques phrases habiles et bien tournées, de fausses provocations (par exemple: aimer Bouguereau, pour qui Degas inventa le verbe « bouguereauter »).

Un auteur prétendu "inclassable" (par l'absence de classe?), "érudit" sauf qu'un mauvais inventaire n'est pas un gage d'érudition, "sexy" car des allusions sont faites ici et là à la vie sexuelle et fantasmatique  de l'auteur sûrement pleine d'intérêt pour enrichir une critique picturale qui manquerait de piquant; plein la vue, le titre est bien choisi mais on se fatigue bien vite avant même d'avoir la vue remplie, de l'indigence du propos dont on a manifestement surdimensionné l'impertinence et la pertinence, à l'instar de la peinture du même, dispensable.

Allez, je ne vais pas y passer la nuit.

 "le masque de tous les jours", Marc Molk, peinture.

 

"

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